Tout le monde a été enfant et, parmi nous, une très grande partie a appris à compter, lire, écrire. Nous sommes d’accord : nous avons étudié au minimum 16 ans en France, que ce soit dans une voie générale ou professionnelle. Certains d’entre nous aiment l’école, d’autres non. Mais avons-nous appris un jour à rencontrer l’autre ? Avons-nous appris la façon dont nous fonctionnons, l’utilité des émotions, de l’erreur, de la façon d’apprendre ? Avons-nous appris à être parent ? Pour la plupart d’entre nous, la réponse à ces questions est « NON », tout simplement.
Alors un jour, il arrive dans la vie qu’on rencontre une personne qui va la changer. Cette personne, c’est celle avec qui on va avoir un enfant. Elle change notre vie dans un premier temps parce que, en règle générale, on accepte d’avoir cet enfant avec elle. On l’appelle compagne, compagnon, mari, femme, amour, chérie…
Bref, on décide un jour de faire un enfant avec l’autre, et cela scelle une partie de notre vie, de nos vies. Si vous vous préparez à cette étape, j’ai écrit une page sur la préparation à la naissance par l’auto-hypnose : Babypno.
Un enfant dans la systémie du couple
Lorsque deux personnes sont en interaction, on dit qu’elles forment un système. Il y a le premier partenaire, le second partenaire, et la relation entre les deux. Chacun contribue au système à sa façon. Le système passe par des moments de crise, de déstabilisation. Ces moments sont souvent des étapes de vie pour le couple. Vous pouvez vous intéresser aux différentes étapes du couple dans de nombreux articles sur internet, ou dans cet article où j’évoque quelques-unes de ces étapes, et dans sa suite.
Le système est équilibré, tout va bien, chacun à sa place, il règne une parfaite homéostasie (pour dire que le système s’équilibre). Pour le moment, le couple n’est pas un couple parental. Puis vient la décision d’accueillir un enfant. Je dis « la décision », mais en fait, parfois, l’enfant s’invite dans la conversation. Vous voyez de quoi je veux parler ?
Il y a les enfants désirés et les enfants non désirés, les enfants investis et les enfants non investis. C’est-à-dire que l’enfant peut ne pas être désiré mais complètement investi. Le contraire est vrai également. Bref, l’enfant va rentrer en interaction avec le système créé par le couple. Et comme toujours, lorsqu’il y a un nouvel arrivant dans un système déjà établi, cet arrivant modifie l’homéostasie du système. En d’autres termes, il se fait sa place et entre en interaction avec les personnes présentes.
Le couple avant, la famille après
Le blason familial est un exercice que j’ai réalisé en formation « Hypnose et Enfance » à l’ARCHE. En parcourant la toile pour imaginer ce que les futurs parents pourraient expérimenter lors d’une soirée qui leur était destinée, j’ai redécouvert l’utilisation du blason dans le couple. L’idée est simple, mais elle permet de se représenter son partenaire, son bébé et soi-même dans une logique de construction dans le temps de la famille. Où étions-nous ? Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Quelles valeurs va porter notre couple parental ? Quelles croyances va-t-on transmettre ? Que dira-t-on de notre enfant ?
J’utilise cet exercice, et bien d’autres, dans ma formation comprendre et accompagner la famille comme un système vivant.
Le cerveau, la machine à prédire
Le cerveau est une machine à prédire. Imagine que le monde dans lequel tu as grandi a façonné chez toi des pensées, des concepts. C’est parce que tu as ces concepts à l’intérieur de ta psyché, que tu y crois, que ta réalité est telle qu’elle est. Par exemple, si tu prends l’émission « En terre inconnue », tu t’aperçois que les peuples que rencontrent les « stars » de chez nous n’ont pas toujours la même réalité que nous. Certains doivent trouver de l’eau, d’autres de la nourriture, d’autres vivent en pleine nature, d’autres croient aux esprits… En fait, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de penser, il y a juste des points de vue qui diffèrent, parce que nos modèles internes ne sont pas les mêmes. Aussi, voyager ou rencontrer des personnes qui ne pensent pas comme nous permet de charger de nouveaux modèles internes.
Bref, revenons à nos moutons. Tu as grandi avec des modèles en tête, et cela a façonné ta réalité. De fait, si tu comprends cela, tu sais que tes modèles internes sont nés dès ton arrivée sur Terre. En d’autres termes, ta mère et ton père ont probablement été les premiers à te charger des modèles internes. Dit comme ça, ce n’est pas terrible… On a choisi le mot « éducation » pour définir cela.
Quelles vont être vos priorités éducatives pour votre enfant ?
De fait, on pourrait tout apprendre à un enfant, à partir du moment où il en est capable (stade de développement). Ceci dit, il faut faire des choix. Un enfant est un individu unique, tout comme toi et moi : il a donc sa propre façon de penser, ses propres émotions, ses propres inquiétudes, ses défis… Ainsi, dans tout ce que vous pouvez lui transmettre en tant que couple, quelles sont vos priorités ? La politesse ? La graphie ? L’écoute ? L’harmonie avec la nature ? Pas simple.
Et j’en reviens au modèle prédictif. Puisque le cerveau anticipe, si toi et ton partenaire commenciez à en discuter et à savoir ce qui est vraiment important pour vous, vous allez vous charger un modèle commun « en tête ». Ce modèle va s’améliorer, se modifier, se changer au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure que votre enfant va grandir (parce qu’il va venir voir si le modèle tient la route). L’avantage de le charger en premier lieu, c’est que vous aurez le même. L’avantage d’avoir le même ? C’est que l’enfant va vouloir tester l’un et l’autre, mais aussi que cela réduit les dissonances entre ce que je veux et ce que veut mon partenaire. Moins il y a de dissonance, moins il y a de tensions, de colère et de tristesse, plus il y a de joie.
Une véritable exploration interne : le métier de parent
Il faudrait probablement un article entier pour parler de ce que nos enfants peuvent nous apprendre sur nous-mêmes. J’entends beaucoup de « j’étais comme ça aussi », « telle mère, telle fille », « il est comme son père »… Imagine les modèles internes que chacune de ces phrases charge en mémoire de l’enfant. Aussi, c’est intéressant de se demander, lorsque l’on devient parent : « Qu’est-ce que je garde de ma famille, et qu’est-ce que je laisse ? Est-ce que je veux que mon enfant soit comme JE veux qu’il soit, ou est-ce que je veux qu’il soit comme IL veut qu’il soit ? »
Attention, cette dernière phrase pourrait prêter à confusion, et en tant que papa j’ai fait mes erreurs également. L’enfant a besoin d’un cadre qui le rassure. Cela signifie qu’il n’est pas génial de le laisser en total freestyle, faire ce qu’il veut, et devenir la terreur de la classe parce que chez lui c’est freestyle. Non : les limites sont très intéressantes. L’idée sera plus dans ce qu’il va devenir, la façon dont il va se construire, ce que l’on va l’amener à découvrir.
Si vous sentez qu’à la maison les tensions tournent en boucle, que votre enfant refuse d’aller à l’école, ou que vous ne savez plus comment vous parler, ça se travaille. J’accompagne les familles au cabinet, à Vars : l’accompagnement familial pour le couple et l’enfant, l’hypnose pour les enfants et les ados quand c’est le jeune qui souffre et un temps pour vous, les parents, quand vous avez besoin de poser ce que vous portez. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne.
Et si vous voulez commencer seul, tranquillement, avec des outils simples à faire chez vous, c’est par ici.
Belles découvertes.
Hypnoticalement.


