Lorsque j’ai recherché la manière dont on pouvait définir le temps, je suis tombé sur cette définition : « dimension du réel qui rend possible et compréhensible le changement ». Je la trouve simple, et en même temps elle présuppose un changement. C’est vrai qu’on ne peut pas nier que le corps nous permet de constater l’évolution du temps sur nous. Au final, chaque cellule vieillit, chaque parcelle de notre peau subit le temps qui passe, et nous pouvons constater ce changement physique. Mais qu’en est-il à l’intérieur ? Qu’en est-il de nos croyances, de nos valeurs, de notre environnement ?

Connais-tu des personnes qui n’évoluent pas dans le temps ? Qui pensent toujours de la même façon ? Pourrait-on dire qu’elles sont comme figées dans le temps, philosophiquement j’entends, mentalement ? Peut-être…

Des personnes que je rencontre tous les jours ont toujours les mêmes pensées, dans le sens où elles imaginent toujours la même chose, de la même façon. Elles semblent inéluctablement destinées à vivre la même vie, avec le même système de réflexion, la même vision du monde. Jusqu’à ce que…

Les étapes de vie

Jusqu’à ce qu’il y ait une étape de vie. Je travaille souvent avec des personnes qui vivent des moments mouvementés, souvent liés au passé (proche ou plus lointain). Ce sont aussi des moments très émotionnels, et tellement magiques. Alors certes, il y a de la tristesse : tristesse d’un passé qu’on connaît, tristesse de routines qu’on a intégrées, tristesse de laisser quelqu’un ou quelque chose. Mais une fois la tristesse dépassée, il y a un champ des possibles énorme à explorer, et surtout des apprentissages sur la vie à intégrer.

La séparation

Prenons un exemple. Je reçois cette maman de deux enfants, Elise (prénom modifié), qui me dit ne plus savoir où elle en est dans sa vie. Deux enfants, un travail, une maison, un jardin : tous les signaux sont au vert, et Pim, son mari, la quitte du jour au lendemain. Coup dur. Toutes ses représentations de la famille, de l’amour, détruites en une seconde. Imagine. C’est catastrophique dans un premier temps, c’est évident.

Ce qu’Elise ne savait pas à ce moment-là, c’est qu’elle allait se redécouvrir. Découvrir également d’autres personnes, s’ouvrir à d’autres croyances, interagir avec d’autres mondes. Cela allait avoir des conséquences sur sa façon de vivre tous les jours, peut-être sur son environnement relationnel et professionnel. Bref, ce choc allait la changer, au-delà même de l’aspect technique : il allait la faire évoluer, psychiquement parlant.

Le licenciement

Éric vient de se faire licencier de son travail, dans lequel il était en poste depuis 35 ans. Comme ça, en 5 minutes : merci, au revoir. Pas de pot de départ, pas de reconnaissance, pas de remerciements à son équipe, pas d’échanges. Rien. C’est juste la claque. Un monde s’effondre, d’autant qu’il était investi dans son entreprise et apprécié de ses collègues. Alors oui, il a du mal à comprendre pourquoi. Il a du mal à comprendre où était son erreur, quand il n’y en a aucune. Il a du mal à comprendre ce qui se passe.

À ce moment-là, il encaisse, mais c’est rude. Pas de projection dans le futur. Où va-t-il ? Aucune idée. C’est le brouillard, la nuit, pas d’éclairage.

Il faudra quelques semaines à Éric pour comprendre qu’en fait, il a d’énormes qualités relationnelles, d’énormes capacités de travail et d’énormes capacités managériales. Petit à petit, il va commencer à entrouvrir certaines portes. Petit à petit, il va reprendre goût à la vie, et après quelques temps, il va retrouver une équipe avec laquelle travailler et évoluer dans un super esprit. Par ailleurs, son expérience va lui permettre de la mettre au service de ses collègues, ce qui va être, clairement, une vraie plus-value pour son intégration.

La retraite

Pierre vient de prendre sa retraite. Ou plutôt, on l’a mis à la retraite après toutes ses années au service de son employeur. Au final, son boulot, c’était SON boulot. Il répondait à tellement de besoins : le besoin de certitude créé par sa sécurité financière, son lieu de travail, son bureau ; le besoin de variété, chaque jour étant différent dans un cadre qu’il connaissait et dont il était expert ; le besoin d’amour et de connexion, du fait qu’il voyait ses collègues, buvant un café et partageant les souvenirs des vacances en famille ; le besoin de sens, car il se sentait utile dans sa mission ; le besoin de contribution, pour être un acteur parmi tant d’autres ajoutant sa pierre à l’édifice ; le besoin d’épanouissement, du fait qu’il était celui qui proposait, qui faisait avancer les choses.

Du jour au lendemain, Pierre est passé d’une vie où tous les jours il se levait pour aller vivre ses besoins à : son café, dans son canapé, avec toute la journée devant lui à devoir occuper. Gros moment de doute abyssal.

Nous avons travaillé sur la projection dans l’avenir, pour justement se reconnecter à tout cela et s’offrir deux vies en une.

Le deuil

Elizabeth est une femme d’une soixantaine d’années. En forme, investie, motivée, toujours active. Il y a de cela deux ans, elle a perdu son mari. Elle s’est retrouvée seule après quarante ans de vie commune. Quarante ans d’une vie où l’on prend son petit déjeuner avec l’autre, où l’on prépare deux cafés, deux tisanes, où l’on place deux fourchettes, deux couteaux, deux assiettes, deux verres. Quarante années où l’on demande à l’autre ce qu’il veut regarder, où il veut partir en vacances. Quarante ans d’une vie où l’on a élevé des enfants, vécu les pires difficultés et les plus grands moments de bonheur ensemble. C’est comme une partie de nous, finalement. Et cette partie-là s’est éteinte.

Elizabeth est un peu perdue ce matin-là, car elle avait vécu une si belle histoire qu’elle se demande si elle a le droit de vivre autre chose. Elle le connaissait tellement bien, son Patrick. Est-elle prête à le laisser partir pour continuer à vivre ? Progressivement, elle commence à s’y autoriser, pour apercevoir le voile se lever et apprendre ce que la vie lui réserve.

J’ai consacré un article entier à ce sujet : le deuil, lorsque les ombres de la vie obscurcissent notre horizon.

L’auto-hypnose pour dépasser le passé

Nous enregistrons de multiples façons de nous percevoir et de percevoir le monde qui nous entoure, notre réalité. L’hypnose et l’auto-hypnose permettent de travailler notre représentation du temps, de la modeler, et d’ouvrir des champs des possibles complètement inexplorés. Dans un prochain article, nous découvrirons comment modifier notre vision du temps, et comment ces modifications pourront faire évoluer nos affects et nous permettre d’avancer vers la prochaine étape de vie.

Ces moments remuent beaucoup d’émotions à la fois, et c’est normal : c’est le signe que quelque chose est en train de bouger. Si vous préférez ne pas traverser ça seul, on peut en parler, ou vous pouvez commencer par apprendre à accueillir ce qui déborde.

Belles découvertes.

Hypnoticalement.

Passionné par l'hypnose depuis le début de ma pratique en 2011, je partage mes connaissances dans ces formations et via ces audios.

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